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Pour ce qui est des courbettes au Maroc, la ministre espagnole Gonzalez Laya surpasse son prédécesseur Josep Borrell Mai sahraoui : chronique des événements courants

Alfonso Lafarga 04/06/2020
La ministre des Affaires étrangères espagnole retire le drapeau de la République sahraouie de la carte de l’Union africaine et soulève une question du député du Bloc nationaliste galicien, Nestor Rego.

Tradotto da Fausto Giudice
Josep Borrell, responsable de la diplomatie européenne, fait pour la première fois référence à l’autodétermination du peuple sahraoui.
En un peu plus de quatre mois en tant que ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Arancha Gonzalez Laya est allée plus loin que son prédécesseur, Josep Borrell, dans sa politique consistant à ne pas contrarier et à faire plaisir au Maroc, qui occupe le Sahara occidental depuis plus de 44 ans.
Gonzalez Laya a surpassé les actions pro-marocaines continues de Borrell en effaçant sur son compte Twitter le drapeau du Sahara occidental de la carte politique de l’Union africaine (UA), dont la République sahraouie est membre fondateur, un fait qui a été largement repris dans la presse marocaine, comme Le 360 qui souligne que la ministre a publié une carte de l’UA dans laquelle elle « a pris soin d’effacer le drapeau de la République arabe sahraouie démocratique, un coup dur pour le Front Polisario ».
La ministre González Laya, en plus de suivre la ligne de Borrell de ne pas faire référence au droit à l’autodétermination des Sahraouis, que le régime marocain nie, est allée jusqu’à désavouer dans un tweet le secrétaire d’État aux Droits sociaux, Nacho Alvarez, pour avoir rencontré la ministre sahraouie des Affaires sociales et de la Promotion de la femme, Suilma Beiruk, en disant que ce n’est pas la position du gouvernement espagnol, qui ne reconnaît pas la RASD. C’était la réponse de la ministre à une plainte de son homologue marocain, Nasser Bourita.
Le 25 mai, à l’occasion de la Journée de l’Afrique, la responsable des Affaires étrangères fait un pas de plus et inclus dans un gazouillis la carte politique de l’Union africaine qui porte sur chaque pays son drapeau correspondant, mais sans celui du Sahara occidental, un territoire qui apparaît en blanc.
Pour le député du Bloc nationaliste galicien (BNG), Néstor Rego, « cette manifestation du ministre va à l’encontre de l’Acte constitutif de l’Union africaine en effaçant de la carte le drapeau d’un de ses membres fondateurs, le Sahara occidental ». Le député galicien a adressé une question à González Laya dans laquelle il dit qu’ « on ne peut tolérer que la cheffe de la diplomatie de l’État espagnol subordonne les droits du peuple sahraoui aux intérêts économiques et politiques du Royaume du Maroc, et qu’elle continue ainsi à se soustraire aux obligations internationales des deux États concernant la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui ».
Josep Borrell, suivi et surpassé par Gonzalez Laya pour ce qui est de ne pas contrarier le Maroc, a récemment créé la surprise : en tant que Haut Représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, il a fait référence à l’autodétermination du peuple sahraoui, dont il n’a pas parlé lorsqu’il était ministre espagnol des Affaires étrangères, bien que ce droit ait été défendu par les gouvernements espagnols précédents.
En réponse à une lettre des députés européens Manu Pineda et Sira Rego sur le cas de la militante sahraouie Mahfouda Elfakir, emprisonnée pendant six mois, Borrell a déclaré, en se référant à « la question du Sahara occidental », que l’Union européenne soutient « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».
Borrell, lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, était allé jusqu’à affirmer que l’Espagne n’est pas la puissance administratrice de jure du Sahara occidental, contrairement à ce qui est établi par l’ONU et par l’Audiencia Nacional ; son ministère a empêché la tenue une journée sur le Sahara occidental au Congrès des députés afin de ne pas déranger le Maroc et a a lancé une alerte sur le risque d’une attaque islamiste afin de dissuader des Espagnols de se rendre dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf. Cette alarme a été démentie par le gouvernement algérien et la mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO).
Fin janvier, M. Borrell, qui parle maintenant de l’autodétermination du peuple sahraoui, a déclaré après avoir rencontré à Bruxelles le ministre marocain Nasser Bourita, que le régime marocain fait des efforts « sérieux et crédibles » pour trouver une solution « juste » à la situation au Sahara occidental, alors que les violations des droits humains continuent de se produire dans les territoires occupés par le Maroc, comme le reflète la chronique ci-dessous des événements courants de mai 2020, compilée à partir des informations des organisations sociales et les médias sahraouis.