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L’homme qui voulait abolir le droit à la fortune, ce grand tabou contemporain

17 Janvier 2017


Docteur en science économique, Philippe Richard sort un livre courageusement intitulé « Abolir le droit à la fortune » dans un contexte où l’écart entre riches et pauvres est de plus en plus important. Dans cet ouvrage rare en son genre, l’expert en sciences sociales interroge les inégalités de richesses grandissantes entre une poignée de super-puissants et le reste de l’humanité. Les différentes crises que nous connaissons actuellement pourraient-elles être résolues en mettant fin aux immenses fortunes individuelles ? C’est en tout cas une piste qu’il est urgent de considérer. Rencontre avec Philippe Richard, l’homme qui veut faire les poches au 1%…

Abolir le droit à la fortune pour une société plus égalitaire

L’idée soutenue par Philippe Richard, docteur en économie et expert en socio-économie auprès du Syndex depuis plus de quinze ans, est assez simple et empreinte de bon sens : supprimer le droit à la fortune individuelle. À vrai dire, il ne s’agirait pas tant de supprimer simplement et purement le droit à la fortune, que de limiter les fortunes individuelles par l’institution d’un certain plafond. L’économiste présente son idée ainsi : « Les modalités du plafonnement du patrimoine individuel s’inspirent de l’impôt sur la fortune comme l’ISF, mais à un taux de 100 % à partir d’une valeur acquise : une valeur cumulée des actifs, entre portefeuilles financier et immobilier et parts d’entreprise, nette de dettes. » Les bénéfices réalisés au-delà du dit-plafond serviraient alors à venir renflouer les caisses de l’état dans une démarche de redistribution de la richesse entre les différents citoyens d’un pays.

Car, dans la tête de l’économiste, il s’agirait bien d’une mesure qui viendrait directement toucher les ressortissants d’un même état, sur la base unique de leur nationalité. Impossible, donc, de fuir son devoir envers le Trésor Public en changeant de lieu de résidence comme c’est actuellement le cas. « En prenant l’exemple d’un plafond individuel à 100 fois le salaire médian (2,1 M€), les actifs concernés s’élèveraient à 1 750 milliards d’euros pour la France, affectant seulement 1 % des citoyens, les plus riches », explique Philippe Richard. Concernant la mise en place de cette « abolition », l’économiste préconise une prise de décision par référendum, qui s’accompagnerait d’un changement dans la Constitution. Il serait, selon son plan, toujours possible de devenir riche, mais pas extrêmement fortuné au-delà de toute raison.