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Covid-19 : à Tel-Aviv, manifestation de masse contre Netanyahou

Michele Giorgio 12/07/2020
Coronavirus. : le plan présenté par le gouvernement n’est pas jugé suffisant par ceux qui sont les plus exposés à la crise économique : petits entrepreneurs, travailleurs indépendants, restaurateurs, voyagistes, artistes. Le taux de chômage est de 21 % (850 000 personnes). Netanyahou veut éviter un nouveau confinement général, mais les cas positifs augmentent rapidement.

Tradotto da Fausto Giudice
« Le gouvernement pense que les indépendants sont riches et capables de résister à la crise, mais ce n’est pas le cas, beaucoup d’entre nous sont ruinés, je ne sais pas où donner de la tête. La faim nous tuera plus que le coronavirus, les promesses, ça ne se mange pas ». C’est par ces mots qu’un commerçant a raconté hier soir sur une chaîne de télévision locale son drame, similaire à celui vécu par les milliers de manifestants qui se sont rassemblés à Tel-Aviv pour la première manifestation de masse contre le gouvernement Netanyahou depuis le début de l’urgence sanitaire. 
En début de semaine, Netanyahou et le ministre des Finances Katz ont annoncé le plan « Filet de sécurité 2020-2021 » : « 50 milliards de shekels (environ 13 milliards d’euros) de subventions directes et 30 autres milliards de shekels pour des prêts seront disponibles. Le plan durera un an, car le coronavirus restera avec nous pendant un an », a expliqué Katz. L’engagement n’a pas été jugé suffisant par les personnes les plus exposées à la crise : petits entrepreneurs, travailleurs indépendants, transporteurs, restaurateurs, tour operators, sans parler des artistes. Les personnes contribuant à la forte hausse du chômage, qui se situe actuellement autour de 21 % – 850 000 personnes – après avoir atteint 25 % en mars et avril, les mois de confinement lors de la première vague de la pandémie. Et leur protestation descend maintenant dans les rues d’Israël.
Netanyahou, couvert d’éloges au printemps pour sa gestion de la crise sanitaire, est maintenant ouvertement critiqué. Sa popularité est en chute libre. C’est aussi pour cette raison qu’il a mis de côté, pour l’instant, l’annexion d’une partie de la Cisjordanie palestinienne, prévue pour le 1er juillet, afin de se consacrer à l’urgence sanitaire et économique dans laquelle se trouve le pays. Et il est confronté à un dilemme : est-il prioritaire d’arrêter la propagation du virus par des mesures drastiques ou est-il plus important d’éviter la catastrophe économique (le PIB israélien va chuter de 6%) ? L’évolution de la crise sera probablement déterminante pour lui. Exclu catégoriquement jusqu’à la semaine dernière par le gouvernement, le confinement plane à nouveau sur Israël frappé par la deuxième vague de la pandémie. Les cas positifs ont dépassé tous les records la semaine dernière – environ 1500 par jour – avec un indice de contagion supérieur à 5%. « Si on devait atteindre 2 000 patients par jour, un feu rouge s’allumerait. Nous essayons de ne pas y arriver, mais cela va probablement conduire à un confinement général », a averti le ministre de la Santé Yuli Edelstein.
Des scientifiques, des médecins et des virologistes dénoncent depuis longtemps comme « insensée » la décision prise par le gouvernement de tout rouvrir ou presque en mai, alors que l’épidémie était jugée vaincue et que la population se mettait à agir comme si le nouveau coronavirus n’avait jamais existé. Ce qui a également trompé, c’est le faible taux de mortalité enregistré en mars et avril : un peu plus de 200 décès sur environ 15 000 cas positifs. En juin, la situation s’est effondrée. On en est maintenant à 36 000 positifs et 354 décès. Les malades graves sont de plus en plus nombreux et les soins intensifs qui s’était vidés d’eux-mêmes accueillent maintenant des dizaines de malades. Netanyahou a reconnu cette semaine que la réouverture totale du pays en mai avait été « précipitée ».
Un confinement partiel est déjà en place. Des quartiers de Jérusalem, Beit Shemesh, Lod, Ramle et Kiryat Malachi ont été déclarés « zones rouges » pour sept jours. Et le virus touche également le gouvernement et le monde politique. Deux ministres – dont le ministre de la Défense Benny Gantz – et trois députés sont en quarantaine préventive suite à des contacts avec des personnes dont les résultats étaient positifs à la Covid-19. Le chef d’état-major Aviv Kochavi est également en isolement. Et même le Shin Bet, le service de sécurité chargé par Netanyahou de surveiller la contagion parmi la population, a fait des siennes. Des milliers d’Israéliens ont reçu, par erreur, un message d’avertissement et sont entrés en quarantaine sans raison.