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Espagne : Le peuple sahraoui absent du pacte de gouvernement ¨PSOE-Unidas Podemos

Alfonso Lafarga 01/01/2020
L’accord entre le PSOE et Unidas Podemos pour « former un gouvernement de coalition progressiste » ne fait aucune référence au Sahara Occidental, occupé par le Maroc et pour lequel l’Espagne est la puissance administrante légitime, comme établi par l’ONU et estimé par l’Audience Nacionale.


Tradotto da Fausto Giudice
Cet accord pour une « coalition progressiste » qui ignore les responsabilités de l’Espagne envers son ancienne colonie, est intervenu entre le PSOE, qui ne défend plus la cause sahraouie, et Unidas Pödemos, qui soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et prône la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).
Le PSOE a exclu le Sahara Occidental de ses propositions électorales et Unidas Podemos préconise la reconnaissance de la RASD.
Le dernier des onze points d’ « Un nouvel accord pour l’Espagne », convenu entre les formations de Pedro Sánchez et de Pablo Iglesias, s’intitule « Une Espagne européenne ouverte sur le monde » et indique en deux pages ce qui devrait être l’axe de sa politique internationale, sans aucune allusion au Sahara occidental, territoire que l’Espagne n’a pas décolonisé et qu’elle a cédé au Maroc il y a 44 ans.
Avec cet accord, le PSOE et Unidas Podemos veulent faire de l’Espagne un point point de référence pour la protection des droits sociaux en Europe », renforcer l’influence de l’Espagne dans les organismes et instances internationales afin de « contribuer à la création d’un monde plus juste, plus prospère et plus durable », promouvoir les relations avec l’Amérique latine et l’Afrique et soutenir ” « de manière déterminée la défense des droits humains ».
En plus de faire référence aux questions sociales, environnementales et économiques, l’accord vise à promouvoir « une politique européenne d’immigration juste et solidaire », qui respecte les droits humains et garantisse les libertés et les principes de l’UE pour tous. À cette fin, l’Espagne encouragera la mise en œuvre du Pacte mondial pour les migrations (accords de Marrakech) et du Pacte mondial des Nations Unies pour les réfugiés.
L’accord prévoit la modification du système national d’accueil et d’inclusion des demandeurs de protection internationale et une nouvelle loi sur l’asile qui s’adapte aux nouveaux défis de la mobilité mondiale et prenne en compte les nouvelles réalités sociales.
Il précise que l’Espagne continuera à s’engager « à prendre soin des migrants qui arrivent dans notre pays dans des situations de grande vulnérabilité, en améliorant la coordination de tous les acteurs impliqués dans l’aide humanitaire et l’identification des vulnérabilités, en particulier des femmes victimes de la traite et des mineurs ».
Des propositions qui ne comptent pas pour la population sahraouie
Ces propositions ne coïncident pas avec la position du gouvernement socialiste sur la population sahraouie, qui ne dénonce pas les violations des droits humains dans les territoires sahraouis occupés par le Maroc, ce qui arrive aux immigrants sahraouis qui se voient refuser la nationalité espagnole, ou ce qui est arrivé à l’étudiant Hussein Bachir Brahim : Il est arrivé sur un bateau à Lanzarote le 11 janvier 2019 et après six jours a été remis au Maroc bien qu’il ait déclaré devant le tribunal qu’il demandait l’asile politique parce qu’il était persécuté et qu’il était un militant des droits humains. Le 26 novembre dernier, il a été condamné par un tribunal marocain à douze ans de prison.
Plus récemment, une jeune femme sahraouie de 18 ans est arrivée à Barcelone pour échapper à un mariage arrangé par son père avec un homme plus âgé. Elle a passé une semaine à l’aéroport d’El Prat en garde à vue lorsque sa demande d’asile politique n’a pas été acceptée, et un groupe d’avocats a empêché son expulsion lorsque l’affaire a été réexaminée et la demande d’asile admise.
Le pacte PSOE-Unidas Podemos occupe 49 pages et comprend le renforcement de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement, le travail pour faire de l’Afrique une priorité de la politique extérieure européenne… et « lutter contre les menaces telles que le terrorisme international, les cyber-attaques, la désinformation et les conflits guerriers croissants dans notre voisinage ».
L’accord de gouvernement est signé par Pedro Sánchez, président en exercice du gouvernement et secrétaire général du PSOE, le parti qui, contrairement à ce qu’il soutenait jusqu’à il y a quelques mois, a supprimé toute référence au Sahara occidental de son programme pour les élections du 10 novembre dernier, et par Pablo Iglesias, secrétaire général d’Unidas Podemos, une organisation qui, dans son programme électoral, envisage le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et cite la « responsabilité historique » de l’Espagne.
En cas d’entrée au gouvernement, Unidas Podemos parle de l’application de la sentence de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) sur les ressources naturelles du Sahara occidental, des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies « pour une solution juste et pacifique par voie de référendum » et « desprocessus de négociation en cours », ainsi que de la promotion de l’extension du mandat de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) à la « protection et la promotion des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels de la population sahraouie ».
Le changement de position du PSOE a déjà été souligné par le Président du gouvernement en exercice dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2019. Sánchez n’a pas parlé de l’autodétermination du peuple sahraoui, ce qu’il avait fait lors de sa précédente intervention à l’ONU en septembre 2018, évoquant « le rôle central des Nations Unies dans la recherche d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable».