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La chaîne de télévision ARTE a dû bloquer un film sur les viols de religieuses par des prêtres catholiques

Barbara Marti – 10/06/2019
Un film documentaire sur les abus envers les femmes dans l’Eglise catholique ne peut plus être vu que sur les médias sociaux pour le moment.

Tradotto da Fausto Giudice
Il y avait et il y a encore des prêtres qui violaient et qui violent des religieuses et des laïques, et l’église est restée silencieuse à ce sujet depuis des décennies : tel est le message principal du documentaire « Sœurs abusées, l’autre scandale de l’Église ». Lorsqu’il a été projeté en mars dernier sur la chaîne de télévision franco-allemande Arte et sur d’autres chaînes de télévision, le film a atteint des records d’audience et a suscité de l’indignation dans le monde entier. Aujourd’hui, le tribunal régional de Hambourg a imposé une interdiction, a rapporté l’Agence de presse catholique (KNA).
Le prêtre nie les accusations
L’injonction préliminaire a été obtenue par l’ordre religieux “Das Werk” [L’Œuvre]. Dans le film, l’ex-sœur Doris Wagner, qui était auparavant membre du “Werk”, accuse un prêtre autrichien de l’avoir violée. Le prêtre nie les accusations. Le film viole ses droits personnels, dit le Père Georg Gantioler, porte-parole de l'”Œuvre”. Après une plainte de Wagner en 2012, le bureau du procureur n’a engagé aucune poursuite contre le prêtre, argue-t-il.
L’Église garde le silence
Dans le film, Wagner et d’autres femmes affectées rapportent que des prêtres en France et en Afrique ont violé des religieuses et des laïques qui étaient sous leur autorité pendant des années. Personne n’est intervenu. Une ancienne sœur missionnaire dit dans le film qu’en Afrique il y a des supérieures qui vendent des nonnes à des prêtres comme esclaves sexuelles : « Les prêtres donnent de l’argent aux supérieures et les supérieures leur livrent les nonnes ». Selon le documentaire, l’Église était au courant des abus contre des nonnes depuis plus de vingt ans. Mais ce n’est qu’au début de cette année que le Pape François a reconnu officiellement les abus : « Je crois que cela se fait encore ».
Film sur Youtube
Arte est menacée d’une amende de 250 000 euros (280 000 CHF) ou de deux ans d’emprisonnement pour les responsables en cas de violation de l’interdiction provisoire. La chaîne de télévision a donc retiré le film de sa médiathèque. La porte-parole d’Arte Claude Savin a déclaré au journal Süddeutsche Zeitung qu’Arte veut faire appel contre cette injonction. Le documentaire peut encore être vu sur les médias sociaux, par exemple sur Youtube en français.