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Israël : un antisioniste juif interdit de se présenter aux élections, à la différence des fascistes kahanistes

EuroPalestine 7 mars 2019
La commission électorale centrale a interdit la candidature du militant communiste Ofer Cassif au prochain scrutin législatif du 9 avril, dans le même temps où elle validait les candidatures des génocidaires assumés du parti Otzma Yehudit (« Pouvoir Juif »).

Parallèlement, l’autorité électorale a disqualifié la liste Balad-Liste d’Unité arabe,
L’exclusion de Balad et d’Ofer Cassif, candidat juif sélectionné par les membres de la coalition judéo-arabe Hadash-Ta’al, était exigée par les activistes d’extrême-droite Michael Ben Ari et Itamar Ben-Gvir, des hommes qui se revendiquent ouvertement de « l’héritage » de Meir Kahane, un rabbin fasciste dont le parti avait finalement été interdit il y a une trentaine d’années pour terrorisme.
Les « preuves » apportées par Ben-Gvir, dont le « Pouvoir Juif » vient de nouer une alliance électorale avec Netanyahou ? Le président de Ta’al Ahmad Tibi plaide pour une refonte de la « Déclaration d’Indépendance » de 1948 qui avait accompagné l’expulsion massive des Palestiniens de leur terre natale ; ou encore, la comparaison, par Ayman Odeh, président du Hadash, le parti d’Ofer Cassif, de Marwan Barghouti au héros de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud Nelson Mandela.
Les louanges adressées par Odeh à la jeune résistante Ahed Tamimi, qui avait giflé un soldat de l’armée d’occupation ayant envahi sa maison, faisaient aussi partie du procès en « trahison » instruit par ces fascistes qui ont eu gain de cause, histoire de tenter de sauver la mise à Netanyahou, actuellement en posture relativement dans les sondages.
(Le Professeur Ofer Cassif)
Ofer Cassif, professeur de sciences politiques à l’Université Hébraïque de Jérusalem, est pour sa part un adversaire résolu du régime sioniste, qu’il considère comme un facteur majeur de développement de l’antisémitisme.
Agé aujourd’hui de 54 ans, il fut le premier réserviste emprisonné par Israël pour avoir refusé de servir dans les territoires palestiniens occupés lors de la première intifada, à la fin des années 1980.
Lui aussi propose des changements fondamentaux du régime israélien, qui ne peut pas à la fois proclamer la suprématie des juifs dans le pays et la société tout en se déclarant démocratique.
Et si Cassif dénonce sans ambages les attaques contre tous les civils, qu’ils soient juifs ou palestiniens, il considère comme parfaitement légitime moralement, et légal au regard du droit international, de s’en prendre aux soldats de l’armée israélienne d’occupation.
(Les patrons du parti suprémaciste juif)
Pas de souci en revanche pour l’homologation de la candidature d’un homme comme Michael Ben Ari. Fin 2017, cet homme présidait une cérémonie en hommage à feu le rabbin Meir Kahane, où il deversa sa haine contre les Arabes dans les termes suivants : « Admettons qu’on leur donne généreusement 10.000 hectares de terres, et ils feront peut-être mine de bien nous aimer. Mais au bout du compte, ils ne nous aimeront que lorsqu’ils nous auront tous tués ». Et encore : « Les Arabes de Haïfa ne sont pas différents des Arabes de Gaza. La seule différence, c’est que ce sont des ennemis de l’intérieur, une véritable cinquième colonne. Il faut appeler un chat un chat, ce sont nos ennemis, ils veulent notre destruction. Alors, bien sûr, on trouvera des Arabes loyaux, mais certainement pas plus de 1% d’entre eux ».