General

France: 200 personnes réunies pour les migrants dans les Alpes

La Presse, 28 avril 2018

Quelque
200 personnes se sont rassemblées samedi à Gap, dans les Alpes françaises, pour
dire que «l’hospitalité des migrants n’a pas de frontière» au moment où des
militants d’extrême droite mènent depuis une semaine des actions anti-migrants
dans la région.
Depuis le
week-end dernier et une première action en montagne au col de l’Échelle
(photo), des militants du mouvement Defend Europe affirment sillonner les
montagnes pour «veiller à ce qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France». PHOTO
AFP

«Il y a
un message de solidarité avec notamment la mise en détention de militants au
moment même où l’État ne fait rien par rapport à un groupe d’extrême droite qui
tentait de fermer la frontière. Je redis que nous sommes dans l’espace
Schengen, que la frontière entre l’Italie et la France est déjà un non-sens.
Qu’on laisse faire des identitaires (extrême droite, NDLR) est déjà un
problème», affirme la député européenne Marie-Christine Vergiat.

«On
trouve que l’État ne fait pas son travail, on se bat pour montrer cela. C’est
aussi l’affaire de la population», estime quant à lui Michel Rousseau, un des
porte-parole du collectif Tous Migrants.
Une
vingtaine d’organisations, en soutien aux migrants, avaient prévu une «marche
de l’hospitalité» samedi matin. Mais face à des incidents lors d’un carnaval
solidaire le week-end dernier, la marche s’est transformée en un rassemblement
l’après-midi.
Depuis le
week-end dernier et une première action en montagne au col de l’Échelle,
au-dessus de Briançon, des militants du mouvement Defend Europe, lié au groupe
Génération Identitaire, affirment sillonner les montagnes pour «veiller à ce
qu’aucun clandestin ne puisse rentrer en France».
En réponse
à cette action, des militants pro-migrants avaient participé à l’entrée en
France de clandestins. Le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait alors
renvoyé dos à dos «ultra droite» et «ultra gauche» en annonçant l’envoi de
renforts policiers dans les Hautes-Alpes pour «s’assurer du respect absolu du
contrôle des frontières».
Trois des
militants pro-migrants, deux Suisses et une Italienne, sont poursuivis pour
leur action et détenus dans l’attente de leur jugement.
Lundi,
une marche de solidarité organisée par l’association L’Auberge des migrants,
doit partir de Vintimille, à la frontière franco-italienne, et traverser la
France en direction de Calais.